Développement durable

Posté par ribambelles le 13 décembre 2009

LE DEVELOPPEMENT DURABLE

(Références pour cet article, entre autres: Le développement durable, maintenant ou jamais par Dominique Bourg et Gilles-Laurent Rayssac, Découvertes Gallimard, Sciences et techniques)

dérèglement climatique, déséquilibre social, épuisement des ressources, dégradation des écosystèmes, risques sanitaires … quelles solutions?

La révolution thermo-industrielle qui s’est produite au 18è siècle a engagé l’humanité dans une ère d’abondance énergétique par l’exploitation systématique des ressources fossiles et minérales, que l’on croyait infinies, et qui a fini par entraîner au cours de la seconde moitié du 20è siècle, un changement environnemental global (et non plus des dégradations locales), ce qui a conduit à un double déséquilibre: écologique et social.

1- Le déséquilibre écologique:

Depuis 1850, la consommation mondiale d’énergie a été multipliée par 150 environ, la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté de 30%, celle du protoxyde d’azote de 15% et celle du méthane a doublé. Cette modification de l’atmosphère entraînera 4 transformations: une augmentation de la tempèrature moyenne, un changement du régime des pluies( ( avec + de pluies là où il y en a déjà beaucoup, et inversement), une élévation du niveau des mers et une augmentation des épisodes violents. Ces changements entraînent la dégradation des écosystèmes et induisent des risques économiques, financiers, géopolitiques, écologiques, alimentaires et sanitaires. En effet, du bon état des écosystèmes, dépendent la régulation de la qualité de l’air, du climat, de l’eau, de l’érosion, des vecteurs pathogènes, des insectes (ravageurs ou pollinisateurs), des risques naturels, des ressources en nourriture, fibres (bois, coton, soie, chanvre, lin…), eau douce, etc… Déjà, nous sommes très proches du pic global (pétrolier, gazier, charbonnier) au-delà duquel, la production entrera dans un déclin progressif et irréversible de ses capacités.

Quelques exemples d’écosystèmes exsangues:

  • La diminution des ressources halieutiques (ressources vivantes aquatiques)

En dépit de l’efficacité accrue des techniques de pêche, la quantité globale de poissons capturés ne cesse de baisser: on estime à 90% la réduction de la biomasse des espèces chassées depuis l’introduction de la pêcherie industrielle.

(exemple de la morue, dont l’exploitation intensive dans les années 1950 a altéré les capacités de reproduction.)

Voir: http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/oceans/apercu/morue

  • Le cycle de l’azote

Les flux excessifs d’azote, provenant des engrais, contribuent à l’eutrophisation* et l’acidification de l’eau douce, ainsi que des écosystèmes, avec des répercussions sur la biodiversité. De plus, l’azote participe à l’augmentation de la concentration d’ozone, responsable de la diminution des rendements agricoles et forestiers et de risques sanitaires (maladies cardio-vasculaires, pulmonaires, cancers,…)

*L’eutrophisation est la détérioration par la prolifération de certains végétaux, en particulier des algues planctoniques, et correspond à une perturbation de l’équilibre biologique des sols et des eaux due à un excès d’azote, notamment d’origine atmosphérique par rapport à la capacité d’absorption des écosystèmes.

Développement durable dans F-Environnement eutrophisation   Eutrophisation__RAPPEL,_2009 dans F-Environnement

Voir aussi: http://www.cpepesc.org/L-EUTROPHISATION-des-rivieres-par.html

  • Les pesticides

Utilisé dans un premier temps avec succès comme insecticide et pour lutter contre les maladies transmises par des insectes (typhus, paludisme, malaria), le DDT s’est révélé un poison à long terme; il s’accumule tout au long des chaînes alimentaires ( ou chaînes trophiques) pour arriver à un haut degré de concentration dans les graisses animales, au point de compromettre les capacités reproductrices de certaines espèces, et risquant de provoquer une sorte d’empoisonnement des écosystèmes.

2- Le déséquilibre social:

Quand Adam Smith publie son Enquête sur la richesse des nations, en 1776, la différence entre nations riches et nations pauvres est quasiment inexistante, avec un rapport de 1 à 2 à peine, alors qu’il est aujourd’hui de 1 à 74 ! A la fin du 20è siècle, les 30 pays les plus riches, c’est-à-dire 20% de la population mondiale, consomment 80% de l’énergie non renouvelable annuellement disponible. Certes, la situation a évolué durant ces dernières années. En 2005, les économies émergentes ont pour la première fois assuré la moitié du PIB mondial. Et ce sont des centaines de millions d’individus qui accèdent à un meilleur niveau de vie. Cependant, les écarts de revenus entre riches et pauvres ont tendance à croître au sein de chaque nation. Le problème de la répartition des richesses et de la diminution des inégalités reste donc crucial.

3- Les risques sanitaires:

Toutes ces pollutions ont de lourdes conséquences sanitaires, principalement en ce qui concerne les maladies respiratoires et cardio-vasculaires et les allergies diverses. Pour la France, le nombre annuel de décès anticipés imputables à la pollution de l’air des villes est estimé à trente mille. En dix ans, la prévalence de l’asthme a augmenté de 100%. Entre 1980 et 2000, le cancer de la prostate par exemple a augmenté de 198% en France, … Des études récentes ont mis en évidence le surcroît statistique de cancers pour les enfants habitant à proximité de grands axes routiers.

Les déséquilibres des écosystèmes favorisent la croissance d’agents pathogènes et l’intensification des échanges internationaux facilite la diffusion rapide des épidémies et épizooties.

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Le rétrécissement du monde accroît considérablement l’étendue de nos responsabilités. Nous contribuons tous, par nos consommations les plus anodines, à dégrader l’ensemble des biens communs que sont le climat, la qualité de l’air, celle de l’eau et des sols, les paysages, … Les décisions collectives que nous allons prendre, porteront à conséquences pour les dizaines de générations qui nous succéderont.

Le développement durable, est donc une urgence, maintenant ou jamais!

Le développement durable se veut un processus de développement qui concilie l’écologique, l’économique et le social et établit un cercle vertueux entre ces trois pôles: c’est un développement, économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. Il est respectueux des ressources naturelles et des écosystèmes, support de vie sur Terre, qui garantit l’efficacité économique, sans perdre de vue les finalités sociales du développement que sont la lutte contre la pauvreté, contre les inégalités, contre l’exclusion et la recherche de l’équité.

CHANGER DE CAP

Les choix individuels quotidiens des consommateurs, par accumulation ont un impact important sur l’environnement, mais sont bornés toutefois par l’offre du marché. Les politiques publiques ont donc un rôle essentiel à jouer pour influer sur nos choix comme sur ceux des décideurs technologiques:

- Imposition de normes techniquement définies (exemples: norme qui s’impose en termes d’isolation, de chauffage et de production d’eau chaude pour le bâti neuf en France et qui plafonne la dépense énergétique à 80kWh/an/m², automobiles neuves ne devant pas excéder les 140 grammes de CO² au km)

- Fiscalité: (prime aux acheteurs de véhicules émettant moins de 120 grammes de CO² au km)

- Permis d’émissions polluantes négociables, qui permettent de fixer un plafond d’émissions, et de financer en partie l’achat de techniques innovantes

- Le droit s’est doté ces dernières décennies de principes nouveaux:

  • le principe de prévention et de correction à la source lorsque le danger est connu; et le principe de précaution lorsque le danger est insuffisamment connu, qui incite à l’action préventive, sans attendre d’avoir levé l’incertitude. (Par exemple, la dangerosité de l’amiante a été signalée dès la fin du 19è siècle et il a fallu attendre la fin du 20è pour qu’elle soit interdite: avec le principe de précaution, on n’aurait pas subi une telle situation)
  • Le principe de pollueur-payeur se veut dissuasif, en faisant payer au pollueur le coût de la dépollution. L’Eco-contribution, pour l’instant limitée à quelques produits n’est pas une taxe mais la contribution de l’acheteur d’une lampe neuve par exemple au financement de son élimination. La mesure préconisée au Grenelle de l’environnement vise à en généraliser l’application et à en simplifier l’administration au sein d’un éco-organisme unique.(voir: Taxe carbone)

  • Les principes d’information et de participation du public sont tout autant essentiels.
  • Le principe de responsabilité écologique, associée à un devoir de réparation, vis-à-vis des dommages infligés aux biens, aux personnes, mais aussi aux écosystèmes.

Mettre en place une économie circulaire

Nous sommes la seule espèce à épuiser des ressources d’un côté et à accumuler des déchets de l’autre, sans compter que 80% des biens produits ne donnent lieu qu’à un seul usage. Ces déchets ou ces sous-produits constituent peut-être une ressource indispensable ou à forte valeur ajoutée pour une autre industrie située à proximité (Par exemple de la vapeur d’eau qui peut être utilisée pour chauffer des installations, du gypse qui peut servir à produire du plâtre, des déchets de bois qui peuvent être agglomérés ou être utilisés comme combustible, etc…)

L’idée de l’économie circulaire est de s’inspirer du fonctionnement cyclique des écosystèmes naturels. Il s’agit donc de systématiser la valorisation de déchets et de convertir les déchets de certains industriels en ressources pour d’autres.

Voir aussi cette initiative intéressante: la ressourcerie  au coeur de la prévention des déchets et de l’économie circulaire.

Passer progressivement à une économie de fonctionnalité

L’économie de fonctionnalité repose sur l’idée de substituer à la vente d’un bien la vente de l’usage de ce bien. Il s’agit donc de proposer non plus seulement la vente d’un produit, mais la vente du service que rend ce produit. La valeur ajoutée, pour l’industriel, n’est donc plus principalement dans la fabrication et la vente du produit, mais dans la prestation de service et la maintenance. S’en suit une relation client plus durable, et une motivation forte pour l’industriel de concevoir (et même d’éco-concevoir) des produits plus pérennes, plus modulables et plus adaptables.

Un exemple souvent cité est celui de la société américaine Interface, fabricant de moquettes pour bureaux et locaux publics, qui après une démarche d’écoconception (pour supprimer les chutes et tendre vers une recyclabilité à 100%), n’a pas souhaité en rester là. A quoi bon en effet une moquette recyclable si elle n’est pas recyclée. Proposer une reprise lors de la vente d’une moquette neuve n’est qu’une réponse partielle, et ne permet pas de personnaliser le service au client. L’idée a donc été de louer la moquette, avec les prestations de service et de maintenance associées, avec remplacement au fur et à mesure, collecte et recyclage intégral des parties usagées.

Un autre exemple: Michelin propose aux flottes de poids lourds la vente d’un service pneumatique, qui assure la maintenance optimale des pneus (limitation du sous-gonflage qui occasionne une usure accélérée, retrait des pneus au moment le plus approprié pour les opérations de recreusage et rechappage, cours de conduite économe).

Combinées, économie circulaire et économie de fonctionnalité permettent de rompre avec l’économie linéaire, tout en préservant l’emploi et en renforçant la compétitivité des entreprises par l’innovation.

Le bâtiment et les transports sont les deux principaux secteurs de l’activité humaine pour lesquels un changement de cap aura le plus d’impact.

Voir aussi:

Les villes durables

Coup de pouce pour la planète avec Hubert Reeves


 

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